L’interview de Juliette Mas

Juliette Mas – Autoportait

Juliette Mas, qui êtes-vous ? 

Je suis photographe depuis une dizaine d’années, plutôt du portrait documentaire, mais aussi des projets plus plastiques. Je suis basée entre la France et le Liban depuis 4 ans. 

Quand avez-vous commencé la photo et dans quelles circonstances ?

J’ai commencé la photo après avoir découvert Visa pour l’image. D’abord portée vers le journalisme, je découvre le médium de la photographie, que je choisis pour traiter mes sujets.

Avez-vous un domaine photographique de prédilection ?

Le documentaire, le reportage, la photographie sociale. Toujours dans le respect des personnes rencontrées

Avez-vous un(e) photographe préféré(e) ? 

Darcy Padilla

Quel est votre coup de coeur pour ce marathon ?

La photo du train, vue de haut, en noir et blanc. Elle me plonge dans un atmosphère pesante, inquiétante, comme un film d’action, ou une errance nocturne en Europe de l’est. On entendrait presque le train siffler. 

Photo: Pablo Gubitsch

Comment auriez-vous traité les 2 thèmes ?

Le portrait dans tous ces états… j’aurais emprunté un pola, choisi un sujet et un lieu, et réalisé une dizaine d’images de la même personne. Son visage, des parties de son corps, des accessoires qu’il ou elle porte. Puis, je pose tous les pola sur un des habits de la personne pour faire un rappel de couleur, je peux en découper quelques un, et je les dispose de façon à raconter la personne en photo.

Pour Toulouse en mouvement, je serai allée à Bonnefoy, où la mairie est en train de raser tout le quartier. J’aurais tagué “Toulouse, droit dans le mur” sur un des murs détruits, et j’aurais fait un petit effet de zoom avec l’objectif. Si quelques personnes du quartier acceptent d’être photographiées, elles peuvent se placer autour, avec une expression de colère.

Interview François Galin

François Galin – Autoportait

François Galin, qui êtes-vous ? 

Je suis passionné depuis toujours de nature et de photographie de nature, à laquelle je m’adonne en amateur depuis plusieurs décennies : paysage, proxy-macro et animalier. Au fil du temps mon intérêt pour la photo s’est élargi, et je l’aborde aujourd’hui de façon assez éclectique, en restant néanmoins tourné principalement vers les sujets extérieurs : paysages urbains et architecture notamment.

Professionnellement retraité depuis peu, ma pratique est maintenant quasi-quotidienne. Mon investissement associatif est aussi plus important et après plusieurs années d’adhésion à Poussière d’Image, j’ai intégré le Conseil d’Administration en tant que secrétaire en 2020, en étant également le correspondant pour la Fédération Photographique de France (FPF).

Quand avez-vous commencé la photo et dans quelles circonstances ?

La photo m’a toujours accompagné. Mon père était photographe amateur et m’a confié un Kodak 6×9 à abattant avec une cellule à main dont il ne se servait plus alors que j’avais une dizaine d’années. Les gamins de ma génération qui faisaient un peu de photo avaient plutôt un instamatic et je passais pour un extraterrestre. Ça m’a appris à bien maîtriser les bases techniques de la prise de vues. A 14 ans j’ai pu m’acheter avec mon frère un agrandisseur tchèque pas trop cher et je me suis mis à développer et tirer mes images.
Ça remonte donc à loin !

Avez-vous un domaine photographique de prédilection ?

Je reviens toujours aux deux thèmes de mes premières amours : la photographie de paysages en noir en blanc et la photographie de nature (animalier et proxi/macro) en couleurs. Au-delà du simple plaisir photographique je pense que la photo de nature doit avoir aujourd’hui une vocation de sensibilisation et d’alerte.
Il y a encore des milieux naturels merveilleux proches de chez nous, malheureusement très menacés souvent par ignorance et donc désintérêt.

Avez-vous un(e) photographe préféré(e) ? 

J’en citerais au moins deux : Sebastiào Salgado, notamment pour ses paysages en noir et blanc, et Vincent Munier, un très grand photographe de nature.

Quel est votre coup de coeur pour ce marathon ?

Il y a beaucoup de belles images. Le thème « Toulouse en mouvement » a semblé poser plus de difficultés aux photographes , la partie « Toulouse » du thème étant à mon sens souvent oubliée. C’est pourquoi mon coup de cœur concerne une des photos représentant pour moi bien ce sujet : une superposition maîtrisée d’une jeune cycliste, sur fond de Capitole .

Photo: Jean-François Delibes

Comment auriez-vous traité les 2 thèmes ?

Pour le premier, il me semble que je me serais tourné vers la statue de Claude Nougaro (proche du Capitole), modèle de bonne composition et personnage plein de créativité, et j’aurais essayé de trouver une démarche originale pour sa mise en valeur. Peut être une surimpression de deux ou trois vues (à la prise de vue bien sûr !). J’irai essayer un de ces jours !
Pour le deuxième sujet, j’aurais regardé du coté des transports collectifs, tellement indispensables à la vie de la ville : sans doute plus particulièrement le nouveau téléphérique, qui offre des vues très intéressantes sur Toulouse. Pour ça aussi, je vais y aller…

Interview Christophe Montilla

Christophe MONTILLA

Christophe MONTILLA, qui êtes-vous ? Quand avez-vous commencé la photo et dans quelles circonstances ?

Je suis responsable d’un centre culturel de la ville, le centre culturel Bonnefoy et  programme un certain nombre d’expositions chaque année, notamment une exposition en partenariat avec le MAP. C’est un partenariat récent pour le centre mais que nous souhaitons pérenniser avec la volonté de mettre en avant des photographes émergents ou de jeunes talents.

Concernant la photographie… je ne suis pas photographe !

Avez-vous un domaine photographique de prédilection ?

C’est la singularité du regard du photographe qui m’intéresse pas un  domaine en particulier.

Avez-vous un(e) photographe préféré(e) ? 

J’aime beaucoup le travail de Joel Sternfeld ou William Eggleston (couleur et composition), Daido Moriyama (noir et blanc et approche plus plastique), Paolo Pellegrin (photo journalisme) et un gros coup de coeur pour le travail du photographe belge Michel Vanden Eeckhoudt…

Quel est votre coup de coeur pour ce marathon ?

Photo: Cyril Boixel

Le jury 2022 du marathon

Cette année, notre jury était composé des 3 personnalités suivantes:

Christophe MONTILLA

Responsable centre culturel Bonnefoy

Retrouvez son interview et son coup de coeur du marathon

Juliette MAS

photographe Freelance, exposante au festival MAP 2022

Retrouvez son interview et son coup de coeur du marathon

François GALIN

Photographe amateur.

Secrétaire de Poussière d’Image et correspondant de la Fédération Photographique de France.
Retrouvez son interview et son coup de coeur du marathon

Interview Nico Toulouse

Nico Toulouse
Nico Toulouse- Autoportrait
copyright Nico Toulouse

Nicolas PAGÈS qui êtes-vous ?

Nico, dit Nico Toulouse au niveau du pseudo dans le domaine de la photographie. Toulousain de naissance (1971), pur et dur, je suis un toxico à la photographie que je pratique pour l’instant en tant qu’amateur depuis 15 ans.
Avec l’aide d’une dizaine de passionnés, j’ai lancé en 2007 l’association photo Poussière d’image.
Après en avoir été le Président, puis Trésorier et enfin Secrétaire, me voilà simple adhérent depuis la fin 2020. J’ai décidé de lâcher du lest au niveau de toutes ces responsabilités afin de me concentrer, aujourd’hui, sur mes projets photographiques et au Collectif 24/36, composé de 8 photographes: Carmen Legros, Laura Puech, Vanessa Madec, Sandra Grampfort, Frédérick Lejeune, Philipe Pérani, Daniel Boyé et moi-même.

Quand avez-vous commencé la photo et dans quelles circonstances ??

Quand je raconte comment j’ai commencé la photo, on me répond toujours “whouaa, c’est magnifique !”.

Comme quoi des ruptures sentimentales peuvent être un mal pour un bien, puisque c’est suite à une rupture sentimentale que je me suis mis à la photographie en juin 2006. Afin de me sauver des conséquences morales désastreuses et de sortir de cette déprime sentimentale, il fallait me vider la tête et me changer les idées en me forçant à pratiquer une activité m’étant totalement inconnue. Pour cela, un jour de juin, j’ai décidé de rentrer dans la première boutique qui se présenterait à moi, se trouvant sur une place commerciale d’une banlieue toulousaine… Ce fut une boutique spécialisée dans la vente de matériel photographique. J’en suis donc ressorti avec un appareil photo, un reflex numérique Canon 350D.
Cela aurait pu être une boutique de couture, j’en serais ressorti avec une machine à coudre!  Le hasard a fait que la Photographie devait être ma bouée de sauvetage.
Et cela a été le cas, encore plus que mes espérances ! Avant cela, je ne m’intéressais pas du tout à cet art visuel. La seule fois que j’avais utilisé un appareil photo, je devais avoir 10-11 ans et c’était le polaroïd de mon père, un jour de vacance à la plage.
Même le fait de regarder seulement des clichés ne m’attirait pas. Donc je suis parti totalement de 0 : 0 culture, 0 technique. Après avoir loupé toutes mes premières photos, avec beaucoup d’abnégation, j’ai fini petit à petit par réussir quelques clichés, du moins au niveau de leur netteté, et en mode manuel.
Totalement autodidacte et solitaire, j’ai vite compris qu’il fallait que je m’entoure de passionnés pour apprendre plus vite et partager des moments conviviaux. Grâce à Poussière d’image, j’ai pu rencontrer des amoureux de la photo vraiment passionnants et enrichissants. Très vite, la Photographie est devenue pour moi une passion dévorante, je dirais même une drogue. Aujourd’hui, ma vie ne tourne qu’autour de la Photographie et je l’assume complètement. Pour rien au monde, je voudrais que cela ne change. Je vis Photo, je pense Photo. Non stop, 24/h24. 

Avez-vous un domaine photographique de prédilection  ?

Ma photographie de prédilection est celle qui sort de l’ordinaire, des sentiers battus, tout en essayant de véhiculer un message ou de témoigner d’un fait sociétal ou d’œuvrer pour une cause ou de dénoncer une injustice.
Dans mon style souvent décalé, parfois engagé, j’essaie de sortir des clichés qui peuvent questionner au-delà de la photographie et/ou déranger les consciences.
Je tiens à préciser que la nudité tient une place importante dans ma démarche photographique. Dans le but de servir mes intentions et particulièrement celles qui dénoncent un fléau sociétal, j’utilise la nudité pour désociabiliser ou déshumaniser l’humain, souvent dans des positions improbables ou morbides afin de le rendre victime, lui le seul responsable, du fléau en question.
On va dire que j’ai un faible pour la photographie humaniste : l’humain et ses joies, l’humain et ses démons, l’humain et sa nudité, l’humain et ses émotions, l’humain et ses dérives, l’humain et son histoire, l’humain et sa vie.
Par la photographie, je m’exprime, sans état d’âme, sans concession, sans « langue de bois » ou plutôt sans « œil de bois », tout simplement.

Avez-vous un(e) photographe préféré(e) ?

J’en ai plusieurs, mais si je devais n’en citer qu’un seul cela serait Jan Saudek,
photographe tchèque, aujourd’hui âgé de 86 ans. Son œuvre est plutôt controversée, totalement politiquement incorrecte. Elle dérange. Il dérange. J’adore.

Quel est votre coup de cœur pour ce marathon ?

Mon coup de cœur est la photographie de Stephan ROUSSEL, la chaussure qui flotte dans l’eau ( 1ère du thème 2 ). Elle prend totalement à contrepied la grande majorité des clichés reçus du thème “Au fil de l’eau”.
Outre le fait d’être techniquement réussie, même si cela, est toujours un critère non significatif dans mon analyse photographique, elle est esthétiquement belle. Et paradoxalement, son sens n’est pas positif, il est négatif, puisque cette photo, par son sujet, par sa composition, dérange et pose question.
Le sujet représente une scène polluante que nous n’aimerions plus voir dans notre quotidien, et l’auteur de la photo, le participant, a osé nous la montrer. Ce cliché appelle à la réflexion qui va vraiment au-delà de l’image : une réflexion sur le fléau de la pollution et/ou une réflexion sur l’identité et la catégorie sociale de son propriétaire et/ou une réflexion sur le reste du corps (est-ce la chaussure d’une personne noyée, où est le corps ?), etc. Les questions peuvent être nombreuses et les réponses multiples. Cette photo fait parler car elle touche nos consciences et c’est bien cela, à mon sens, le plus important. 

Comment auriez-vous traité les 2 thèmes ?

Personnellement, j’aurais traité les deux thèmes en restant dans mon style décalé, voire dérangeant.
Pour cela, je serais forcément sorti de la prise de vue dite classique, à la recherche de l’émotion simple/belle, quitte à prendre le risque de déplaire au jury. L’essentiel est justement d’essayer de ne pas faire la photo en pensant quelle plaira au jury, mais plutôt celle qui accrochera leur regard et leur apportera une certaine réflexion qui va au-delà de la photographie.

Interview Maud Wallet

Maud Wallet
Maud Wallett – Autoportrait
copyright Maud Wallet

 Maud WALLET, qui êtes-vous ? Quand avez-vous commencé la photo et dans quelles circonstances ?

Jeune photographe malgré mon âge puisque j’ai commencé il y a tout juste 5 ans, intensément. J’ai eu envie d’apprendre en faisant le marathon photo (si si c’est vrai!). A la rentrée suivante je me suis inscrite à Poussière d’Image puis aux ateliers St Cyprien que je fréquente assidument. Formée par les échanges, les workshops,les projets avec des compagnies de théâtre, de danse, je me nourris des rencontres passionnantes que je fais.

Avez-vous un domaine photographique de prédilection  ? ?

Je pratique aussi bien le numérique que l’argentique. J’aime expérimenter, tester de vieux papiers comme pour l’exposition “π”   que je présente pour le festival MAP cette année. Je travaille souvent sur l’intime mais j’aime aussi me servir de la photo comme un prétexte pour aller à la rencontre d’autres, pour sortir de ma zone de confort.

Avez-vous un(e) photographe préféré(e) ? ?

Je peux être touchée par différents types de photographies (documentaire, intime, conceptuel) l’important est qu’elles me provoquent une émotion, même un malaise… tout sauf rester indifférente devant une image. J’aime beaucoup voir les tirages mis en scène mais aussi découvrir des éditions récentes ou anciennes. Le livre photographique est un vrai objet de création, comme l’est aussi le film photographique (ou POM : petit objet multimédia). J’ai été très heureuse de découvrir comment les auteurs s’en sont saisis lorsque j’ai participé au 1er jury MAP du film photographique. Le travail récompensé (Ethanol de Nicolas Serve) en est un bel exemple.

Quel est votre coup de coeur pour ce marathon ?

J’ai eu 2 coups de coeurs pour ce marathon : la photo de Mehdi SAADALLAH, le poisson en NB et la photo de Kathy SIÉ , immeuble détruit, qui m’a touché parce qu’elle évoque bien la violence des destructions du quartier et les traces de vie des anciens habitants.
Mais d’autres m’ont touché et nous étions unanimes sur les photos récompensées.

Comment auriez-vous traité le thème de ce E-Marathon ?

L’exercice du Marathon n’est jamais facile. il faut apprivoiser le sujet souvent large et éviter les 1ere idées qui nous viennent spontanément car ce sont souvent les plus littérales.
Je travaille le plus souvent en noir et blanc. Je pense que pour ” vie de quartier” j’aurais pu chercher des traces de vie dans l’espace urbain.
Pour le second thème,” au fil de l’eau” je ne suis pas certaine que j’aurais su le traiter avec créativité. J’étais ravie de participer au marathon en jury cette année après l’avoir fait en tant que participante 4 années de suite.

Merci à toute l’équipe pour cette belle organisation!